Média citoyen marocain

Mamfakinch a reçu le communiqué d’Attac/Cadtm Maroc dans laquelle la branche marocaine de cette organisation alter-mondialiste exprime son soutient aux victimes des micro-crédits dans la région de Ouarzazate et dénonce les poursuites judiciaires dont font l’objet deux activistes de l’association de défense des victimes des microcrédits.

Le texte du communiqué précisait notamment que « le 12 novembre 2013 s’est déroulée la 3ème séance du procès » et que même si « les quatre organismes de microcrédit qui avaient porté plainte contre eux pour escroquerie, diffamation et menaces avaient retiré leur plainte et les deux militants avaient été blanchis lors du procès en 1ère instance », il se trouve qu’ « un nouvel organisme, INMAA, lié à l’ONG AMSED et à Planet Finances a relancé l’affaire en appel ».

L’organisation précise également que « les débats ont mis en relief le vide du dossier et ont été l’occasion de mettre en accusation le système du microcrédit qui, loin d’être un instrument de lutte contre la pauvreté, enfonce davantage les familles, et les femmes en particulier, dans une spirale de problèmes, tant financiers que matériels et familiaux. »

Attac-Cadtm Maroc souligne qu’ « une centaine de victimes des microcrédits, venues de toute la région, ont rempli la salle du Tribunal, montrant ainsi leur solidarité entière avec les responsables de leur association » et appel à une solidarité nationale et internationale pour l’acquittement des deux défenseurs des droits des victimes du microcrédits.

Pour plus d’informations sur ce dossier voici quelques extraits d’un entretien qui avait été publié sur Lakome :

Dans la région de Ouarzazate, au Maroc, 4600 personnes refusent de rembourser les prêts des organismes de micro-crédits, réclament l’audit de ces institutions et leur convocation devant les tribunaux. ATTAC/CADTM Maroc a rejoint ce mouvement populaire et fait de son combat contre ces crédits de la honte l’un de ses axes de lutte. Les analyses et témoignages de Mina Amzil, Fatimazahra Elbelghiti et Rabia Elhouari (ATTAC/CADTM Maroc) démontrent encore une fois à quel point le micro-crédit se nourrit de la pauvreté des femmes et l’accentue jusqu’à mettre en danger leur santé physique et mentale, fonctionne main dans la main avec la Banque mondiale et constitue l’une des multiples facettes de la gestion néolibérale de la dette.

Face à quels enjeux, à quelles réalités, le mouvement des victimes des micro-crédits de la région de Ouarzazate est-il né ?

La crise du secteur du tourisme de masse associé à celle de l’industrie du cinéma, qui tous deux employaient beaucoup de femmes, n’a fait qu’accroître le taux de pauvreté déjà fort élevé de la ville (les femmes y gagnent moins de 20€ par semaine). Pour assurer la survie de leurs familles, beaucoup de femmes ont dès lors contracté des micro-crédits, ignorant leurs retombées catastrophiques. Si au moment de la signature des contrats, le taux indiqué est de 2% avec les échéances, sans qu’on communique aux contractant-e-s nullement l’information, les taux grimpent allègrement jusqu’à atteindre entre 45 à 300% ! Souvent analphabètes, les femmes ne peuvent lire les clauses des prêts d’autant plus qu’on les presse d’aller les légaliser très rapidement devant les autorités locales, ce qui les empêche de demander une aide pour comprendre les conditionnalités des contrats qui vont les lier. Ne parvenant rapidement plus à faire face aux échéances, nombre d’entre elles ont dû contracter de nouveaux micro-crédits pour rembourser les précédents et sont ainsi entrées dans la sphère infernale du surendettement. Sous l’impulsion de deux femmes issues du mouvement du 20 février, les personnes assujetties aux taux usuriers des organismes de micro-crédit se sont mobilisées et ont créé le mouvement des victimes des micro-crédits qui refuse de rembourser ces prêts odieux et compte bien attaquer en justice les institutions de micro-crédit.

Lire la suite sur Lakome